Musee de l'Holographie

Le Musée de l'Holographie avait son site depuis 1998 www.museeholographie.com  .Voici  maintenant le blog, pour des compléments historiques, techniques et les actualités.

Tous les textes et images sont protégés par le copyright.

Lundi 8 octobre 2007

Pour tout renseignement contacter Jean-Sébastien Lauret

Tél 01 47 40 55 99 e-mail : lauret@lpqm.ens-cachan.fr

ENS Cachan - 61 avenue du Président Wilson 94230 Cachan

CONFÉRENCES DU DÉPARTEMENT DE

PHYSIQUE

Salle de conférence du Pavillon des Jardins à 13h30

Mardi 16 Octobre

Jacques Lafait

(Institut des NanoSciences de Paris, Paris)

Résumé :

L'origine de la couleur est pigmentaire ou/et structurale. Différents phénomènes physiques (interférences,diffraction, diffusion, plasmons de surface) liés la plupart du temps à des structures de type cristal photonique permettent de produire de la "couleur sans couleur". De nombreux exemples se trouvent dansle monde du vivant (papillons, scarabés, etc...), mais aussi dans l'art et dans l'artisanat (lustres, vitraux, verre rubis...). Les développements actuels des matériaux pour la couleur se situent principalement dans la production d'effets visuels particuliers (brillant, mat, iridescent, perlescent, nacre...). Ces effets, souvent bio-inspirés, résultent de la combinaison des phénomènes physique de base suivant des structures multiéchelle souvent très complexes dans le monde vivant, évidemment simplifiées dans leur transposition industrielle. Le désordre y joue un rôle important contribuant notamment à "la robustesse" de l'effet obtenu. Ces différents aspects des "couleurs physiques" seront présentés ainsi que quelques rappels sur la quantification de la couleur à l'aide des systèmes colorimétriques.

par Anne Marie CHRISTAKIS publié dans : Conférences et rencontres
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Lundi 13 août 2007

Stephen BENTON est décédé en 2003, Emmeth LEITH en décembre 2006 et Yuri DENISYUK en mai 2006.
Tous trois sont considérés comme les pères de l'holographie moderne.

Photo d'Anne-Marie CHRISTAKIS au congrès de Lake- Forest en 1985.


De droite à gauche :
Emmeth LEITH, Steve BENTON, Yuri DENISYUK

De prochains articles seront consacrés à leurs travaux.

par Anne Marie CHRISTAKIS publié dans : Historique de l'holographie
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Dimanche 12 août 2007
L’antiferromagnétisme révélé grâce à l’holographie par rayons X

Publié le mercredi 16 mai 2007. 

 

 

Une nouvelle méthode d’holographie par rayons X a permis pour la première fois d’observer le comportement et l’organisation d’un matériau antiferromagnétique à l’échelle nanométrique.

Le ferromagnétisme est la capacité d’un matériau à conserver une orientation magnétique après qu’un champ magnétique lui ait été appliqué (Fig.1). C’est le cas des aimants par exemple, mais cette propriété est également exploitée depuis plusieurs décennies dans le stockage d’information magnétique (disques durs, mémoires flash...). L’origine de la conservation de ce magnétisme est bien connue et expliquée par l’organisation des atomes en domaines (appelés domaines de Weiss) : dans chaque domaine, les spins [1] atomiques, qui agissent comme de petits moments magnétiques individuels, tendent à tous s’aligner suivant la même direction ; il en résulte alors un magnétisme global, macroscopique, du matériau.

 
Fig.1 - Représentation schématique des trois types de comportement magnétique exposés ici, sous l’action puis après annulation d’un champ magnétique appliqué.
Un matériau ferromagnétique conserve une aimantation (champ coercitif B) après annulation du champ magnétique appliqué. Au contraire, le paramagnétisme résulte d’une orientation aléatoire des moments, laissant le matériau non-aimanté. Dans le cas de l’antiferromagnétisme l’aimantation globale du matériau reste également nulle, mais les moments magnétiques individuels s’alignent selon un ordre à grande distance.
Crédits : P.HIREL - Spectrosciences 2007.

Au contraire, un matériau antiferromagnétique s’arrange pour ne conserver aucune polarité magnétique résiduelle. Souvent, les matériaux antiferromagnétiques exhibent deux comportements différents selon la température (Fig.1) : au-dessus d’une température critique (appelée température de Néel du matériau), ils peuvent être paramagnétiques ; sous l’action d’un champ magnétique, ils s’aimantent, mais dès que l’action du champ cesse, les spins se désorientent de façon aléatoire, ne laissant aucune aimantation macroscopique. En-dessous de leur température de Néel, ils sont antiferromagnétiques, autrement dit les moments magnétiques se rangent dans des domaines de sens opposés les uns aux autres, rendant l’aimantation globale du matériau nulle. Le paramagnétisme et l’antiferromagnétisme empêchent tous deux le matériau de conserver une aimantation, la différence majeure étant que dans le cas de l’antiferromagnétisme, il existe un ordre magnétique, un arrangement sous forme de domaines. Mais, alors que les domaines de Weiss des matériaux ferromagnétiques sont visibles parfois à l’oeil nu, les domaines présents dans les matériaux antiferromagnétiques sont bien plus ténus, faisant intervenir des échelles bien inférieures au micron. Leur observation restait donc jusqu’ici extrêmement complexe.

Des scientifiques du Center for Nanoscale Materials à l’Argonne National Laboratory (USA), du London Centre for Nanotechnology (GB) et de l’University of Chicago (USA) ont mis au point une technique utilisant des rayons X, rayonnements qui ont des longueurs d’onde semblables à la taille des domaines antiferromagnétiques. Cette méthode, appelée spectroscopie par corrélation de photons X, s’est effectuée grâce à l’Advanced Photon Source, un synchrotron situé près du campus d’Argonne (USA). Le matériau étudié est le chrome (Cr), un métal antiferromagnétique de structure cubique centré, qui est porté à des températures descendant de 150 à 4K, soit bien en-dessous de sa température de Néel (TN=311K). En collimatant un faisceau de rayons X partiellement cohérents sur l’échantillon de chrome, les chercheurs ont constitué une figure de diffraction qui renseigne sur l’ordre et l’organisation des domaines dans le matériau.

 
Fig.2 - La figure obtenue par diffraction de rayons X partiellement cohérents sur un échantillon de chrome (fausses couleurs).

Les chercheurs ont extrait de ces mesures la taille moyenne des domaines antiferromagnétiques du chrome, qui serait d’environ dix nanomètres [2]. Ils ont de plus montré que la position des parois de ces domaines fluctue avec le temps, ce qui peut être imputé à l’agitation provoquée par la température lorsque celle-ci est relativement élevée. Mais en-dessous de 40K cette énergie thermique est insuffisante pour décrire à elle seule le mouvement des parois. Selon les scientifiques, l’explication la plus simple est que ces mouvements de parois de domaines se fait par effet tunnel, phénomène purement quantique qui semble activé à de telles échelles et températures.

La compréhension fine de l’ordre antiferromagnétisme revêt un aspect particulièrement crucial à l’ère des nanotechnologies. En effet, si un matériau antiferromagnétique est globalement non-aimanté, cela risque de ne plus être le cas lorsque la taille du matériau atteint celles des domaines. Il convient donc d’étudier ce qui se passe à de telles échelles, ces matériaux étant appelés à de nombreuses applications, notamment dans la spintronique, la conception et l’étude de nanoparticules antiferromagnétiques, ou le développement de l’ordinateur quantique.

Brève proposée par P.HIREL

Références :
(1) "Direct measurement of antiferromagnetic domain fluctuations", O.G. Shpyrko, E.D. Isaacs, J.M. Logan, et al., Nature 447, pp.68-71 (3 mai 2007) - DOI : 10.1038/nature05776 [En ligne ]
(2) L’article sur le site du London Center for Nanotechnology
(3) L’article sur le site de l’University of Chicago
(4) L’article sur le site de l’Argonne National Laboratory

 

 

[1] Le spin est une propriété typiquement quantique des particules subatomiques, qui peut se manifester sous la forme d’un moment magnétique intrinsèque ; c’est cette manifestation qui est intéressante ici.

[2] 1 nm = 10-9m.

 
par Anne Marie CHRISTAKIS publié dans : Revue de presse
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Jeudi 9 août 2007

Theodore MAIMAN, qui a construit le premier laser, est décédé le 5 mai dernier, à l'âge de 79 ans. Il fit cette découverte en 1960, alors qu'il était employé chez Hugues Aircraft Co, en générant des vibrations de lumière cohérente à partir d'un bâtonnet de rubis artificiel, exposé à des éclairs intenses de lumière ordinaire. Beaucoup d'autres physiciens participèrent à la mise au point, dont Charles TOWNES qui avait précédemment développé le maser, précurseur du laser.

Et si, à cette époque, on disait que le laser était une solution à la recherche de problèmes, on disait aussi que l'acronyme de maser était : Means of Acquiring Funds for Expensive Research.

C'est grâce aux lasers que l'holographie vit le jour.

Les pères de l'holographie moderne, Emmeth LEITH et Yuri DENISYUK sont tous deux décédés l'an dernier, précédés par Steve BENTON, en 2003.

 

Dr Kubota, Pr Denisyuk, Anne-Marie CHRISTAKIS et Dr BENTON au Musée de l'Holographie en 1991

Cette photo a été prise alors que Yuri DENISYUK était invité à participer au colloque tenu au Palais des Congrès sur Gabriel LIPPMAN, physicien français, Prix Nobel en 1908.

En effet, les travaux de Yuri DENISYUK  sont inspirés par la photographie interférentielle inventée par celui-ci et non par Dennis GABOR, contrairement à Emmeth LEITH.

Steve BENTON, inventeur de l'hologramme éponyme, aussi appelé hologramme arc-en-ciel a déposé de nombreux breveux, d'abord dans les laboratoires de Polaroid, puis au M.I.T.. Quant au Dr Kubota, il est l'un des précurseurs de l'holographie en couleurs naturelles et a offert sa fameuse poupée en couleurs pour les dix ans du musée, en 1990.

La visite du Musée a été suivie d'un déjeuner au restaurant Pharamond, tout proche du Forum des Halles, où la cuisine française traditionnelle  fut très appréciée.

par Anne Marie CHRISTAKIS publié dans : Actualites
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Mardi 7 août 2007
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Le 3 août 2007 à 12h21
 
 
Par Jean Etienne, Futura-Sciences

Une équipe de scientifiques vient - enfin - d'identifier le siège de la perception en trois dimensions à l'intérieur du cerveau humain. Cet exploit, qui repose sur une suite d'expérimentations particulièrement complexes, ouvre la voie à de nouvelles recherches.

Qui ne s'est jamais interrogé devant les exploits d'un jongleur professionnel ? Au départ d'informations en deux dimensions transmises par chaque œil, son cerveau doit reconstruire une image non seulement tridimensionnelle, mais aussi quadridimensionnelle car la notion de temps et de vitesse est ici prépondérante afin que l'artiste puisse projeter la main dans la direction où se trouvera l'objet lorsqu'il devra le saisir. Le tout, d'un geste automatisé et sans aucune possibilité de décision raisonnée.

Le professeur Guy Orban, neurobiologiste de l'université catholique de Louvain (Belgique) et ses collègues ont réussi à localiser le centre de traitement de ces deux informations visuelles (position spatiale, vitesse et direction) au sein du cerveau, au niveau d'une zone appelée cortex intrapariétal antérieur (anterior intraparietal cortex, ou AIP).

Processus d'identification

L'identification d'un objet à trois dimensions repose, chez les primates, sur la vision binoculaire. L'image perçue par chaque œil est légèrement différente, c'est ce que les spécialistes nomment la disparité binoculaire spatiale. En second lieu, la forme d'un objectif se modifie pendant que celui-ci se déplace.

Très longtemps, la façon dont notre cerveau arrive à intégrer ces données pour nous fournir une représentation de la réalité est restée un mystère. Afin de mieux pister ce processus, les chercheurs ont procédé à deux séries d'expérimentations non traumatisantes sur des primates, qui font intervenir l'Imagerie par Résonance Magnétique Fonctionnelle (IRMf). Cette technique permet de visualiser l'activité siégeant dans un cerveau, en trois dimensions et en temps réel.

La première expérience a consisté à présenter à des sujets simiesques des objectifs en trois dimensions, comme par exemple des trombones de bureau interconnectés. Ceux-ci étaient choisis pour être aisément identifiables par les singes, à condition toutefois de les apercevoir dans leur ensemble. Durant le test, des caches étaient disposés afin que l'objet n'apparaisse que partiellement à chaque oeil. Il s'agissait donc pour le cerveau d'assembler ces deux images complémentaires en une seule.

Au cours de la seconde expérience, des images de synthèse en trois dimensions générées par ordinateur étaient soumises aux animaux, qui disposaient de leur vision binoculaire. La complexité des objets simulés sollicitait dans ce cas un processus de traitement de l'information en trois dimensions à partir d'une vision binoculaire réelle.

Le rôle de l'AIP

A l'analyse des résultats, Orban et son équipe ont constaté que lors des deux expériences, les informations ont convergé vers une zone unique du cerveau, l'AIP.

A la faveur d'expériences antérieures, il avait déjà été établi que l'AIP intervenait lors du contrôle visuel des mouvements de la main, entre autres, un type de synchronisation pratiquement exclusif aux primates, qui se sont distingués de cette manière des autres animaux au cours de l'évolution.

La découverte des bases neuronales de la perception du relief à partir du mouvement visuel, en utilisant l'Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnelle (IRMf), renforce les connaissances des scientifiques sur le fonctionnement du cerveau. Elle pourrait permettre, dans un proche avenir, de mieux identifier l'origine de certaines déficiences ou de certains troubles comportementaux associés, et d'y remédier.

Cette étude fait l'objet d'une publication dans la revue Neuron du 2 août 2007.

Coupe sagittale d'un cerveau humain en fMRI. Crédit UCL.
Coupe sagittale d'un cerveau humain en fMRI. Crédit UCL.
par Anne Marie CHRISTAKIS publié dans : Revue de presse
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