Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le Musée de l'Holographie avait son site depuis 1998 www.museeholographie.com  .Voici  maintenant le blog, pour des compléments historiques, techniques et les actualités.

Tous les textes et images sont protégés par le copyright.

Recherche

16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 16:53
   Conférence donnée à "Holography, Science and practice”  Minsk 2011

 

 

Introduction

 

         La réalisation d’un hologramme à partir d’un sujet animé (plante, animal ou humain) pose un problème d’instabilité – problème essentiel, car tout mouvement, même infime, perturbe les franges d’interférence qui s’inscrivent sur la plaque émulsionnée pendant le temps d’exposition. Pour cette raison, avec très peu d’exceptions, le laser continu s’avère inadéquat pour l’enregistrement des sujets organiques, sensibles, dans un éclairage frontal. Ce type de travail nécessite en effet l’utilisation d’un laser pulsé, équipé d’un Q.Switch.

          Il n’existe actuellement sur le marché que deux systèmes de laser pulsé d’un usage pratique, émettant dans le spectre visible : le laser néodynium  Y.A.G à cadence de répétition doublée (vert), et le rubis (rouge foncée). La puissance maximale du système Nd Y.A.G est d’environ 250 millijoules, avec une cohérence temporelle et spatiale de qualité plutôt inférieure, bien que située dans une région du spectre plutôt favorable.

 

La puissance des lasers rubis destinés particulièrement à l’usage holographique, peut atteindre 25 joules, avec une très bonne cohérence temporelle et spatiale. Un laser de ce type, équipé d’un Q.Switch et d’une cellule Pockels, peut produire une impulsion géante d’une durée d’environ 25 nanosecondes, mais il émet dans le rouge foncé  (= 694.3 nm). Des hologrammes de grande qualité, même de sujets en mouvement sont réalisables avec ce système, qui permet par la suite la production de transferts visibles en lumière blanche, par réflexion ou par transmission. (voir photo 1).                                                

 

Anouchka2

   

   Photo 1 - Anouchka

 

Mais l’émission proche de l’infrarouge pose des problèmes particuliers pour l’enregistrement du corps humain.

Le maquillage

 

       L’éclairage infrarouge est utilisé en photographie médicale pour révéler des anomalies dermatologiques, en pénétrant les couches sous-cutanées. Les images qui en résultent donnent à la peau un teint et une texture cireuse.

 

      Les portraits holographiques réalisés au laser rubis produisent souvent un effet similaire – l’effet « poupée de cire », ou « masque mortuaire », particulièrement déplaisant dans des images réelles rendues par les transferts  H2 ou Lipmann reflexion ; l’effet « cadavérique » est atténué lorsqu’une présentation virtuelle est utilisée dans le H2. La lumière d’une seule couleur et de spectre étroit émise par le laser ne permet pas d’enregistrer, dans une image monochromatique, les nuances de ton que l’on souhaiterait obtenir. Nous sommes donc confrontés à une situation analogue à celle des premiers cinématographes et photographes à l’époque où l’émulsion photographique n’était pas panchromatique, et il fallu chercher des solutions cosmétiques pour assurer une bonne représentation des sujets.

 

     Ainsi, depuis un certain nombre d’années, nos travaux ont nécessité une recherche de nouvelles techniques de maquillage, non seulement pour le visage mais aussi pour d’autres parties du corps – ou même pour le corps entier, lors de l’enregistrement de nus sur plaques holographiques d’un m² . Des sujets de toutes races ont été enregistrés en suivant certains principes constants de maquillage, avec des produits choisis selon le teint naturel du modèle.

 

Choix et application de produits cosmétiques

 

             Une poudre cosmétique ordinaire, d’une texture fine, suffit pour éviter l’effet  « poupée de cire » ; elle reflète la lumière et empêche l’éclairage pénétrant la couche sous – cutanée. La poudre doit être appliquée avec le plus grand soin, faute de quoi elle devient visible sur l’hologramme – surtout si le transfert H2 produit une image plane ou une image réelle. De même les fards trop lourds, les maquillages de scène – destinés à être vus de loin – ne conviennent pas à l’holographie.

         Si l’application d’une poudre sur le visage (ou, au besoin, sur tout le corps) peut remédier à l’effet cireux, elle n’améliore pas à la pauvreté des nuances de ton – inévitable avec une source lumineuse monochromatique.

        Nos expériences ont abouti à l’usage d’un filtre rouge foncé pendant le maquillage (voir photo 2).

  Webster-copie-1.jpg

 

  Photo 2 - Dr JohnWebstercontrôle à travers un filtre rouge le maquillage d’Anne-Marie Christakis

  

En regardant le sujet à travers ce filtre, on applique les cosmétiques avec un soin particulier pour les lèvres et les joues – les parties roses ou rouges du visage. Car si, normalement, le rouge traduit en monochrome devient plus foncé, il est au contraire transformé en blanc par la rougeur intense de la lumière du laser rubis. Les lèvres blanches sont inacceptables.

De même la teinte des joues doit être renforcée. Plutôt que des fards et rouges à lèvres de couleurs chaudes, nous appliquons des fards à paupières verts sur les joues et sur les lèvres, en surveillant notre travail à l’aide d’un filtre rouge monochromatique. Les contrastes du visage sont ainsi restaurés au pinceau. Les problèmes de base restent les mêmes pour tous les groupes ethniques – Blancs, Noirs ou Asiatiques … Seule variable : les teintes de la poudre.

  

Margot-Benyon.JPG       Hancockreflex.jpg

 

 Photo 3 - Margot devant son portrait, repeint par Margaret Benyon au Musée de l’Holographie

 

 

Pour les maquillages de Margot et d’Herbie Hancock (photos 3 et 4), nous avons dû demander des conseils de spécialistes.

 

Photo 4- Herbie Hancock, l'hologramme final

  

 

 

 

 

 

 

 

 

  

  Il est vrai que certains créateurs ont produit des portraits holographiques d’une grande finesse, sans l’utilisation de cosmétiques. Dans ce domaine, les œuvres d’Anna Maria Nicholson sont d’un intérêt particulier. Mais le secret de sa réussite réside peut-être dans son utilisation de l’image virtuelle, pour la production de ses transferts H2 par réflexion.

 

PHOTOS : 

 

1.   Anouchka

2.   John Webster contrôle le maquillage d’Anne-Marie Christakis

3 . Margot – mannequin chez Givenchy – Cosmetic serie Margaret Benyon
4.   Herbie Hancock – l’hologramme final

5.   Marie-France en Marylin

6.   L’hologramme final (H2 transmission) dans le catalogue Paris en 3D

 

Références

Proceedings of Third International Symposium on Display Holography Lake-Forest 1988 pp 399-401
2. Pract
ical holography Graham Saxby Prentice Hall Special problems with holographic portraiture 1988 pp 265-266
3. Proceedings of SPIE Volume 1238 Three-Dimensional Holography : Science, Culture, Education pp 348-350 Kiev 5-8 September 1989
4.Fitfh International Symposium on Display Holography Volume 3358 Lake Forest College 1994
5. Proceedings of the Conference “Holography, Science and practice” Minsk 2011pp 365-367

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 LABO MARYLIN20001

 Photo 6 - Marie-France en Marylin pendant la prise de vues

 Marylin

 

 

 

 

 

 

 

 Photo 7 - Catalogue de l’exposition « Paris en 3D »  au Musée Carnavalet Paris 2000 pp 192-193 Paris musées Booth-Clibborn Editions

 

 

 

 

 

 

 

Photo 5 - Herbie Hancock, l’hologramme final

 

 

 

 

  

 

 

Conclusions

 

 

 

        Dans notre expérience avec le laser à rubis, la réalisation de portraits de qualité exige invariablement un maquillage soigneux, précis, spécifiquement adapté à l’holographie.

  

Partager cet article

Repost 0
Published by Anne Marie CHRISTAKIS - dans Technique de l'holographie
commenter cet article

commentaires

Articles Récents

Liens