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Le Musée de l'Holographie avait son site depuis 1998 www.museeholographie.com  .Voici  maintenant le blog, pour des compléments historiques, techniques et les actualités.

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 19:33

Lu dans la revue de l’Université de Franche-Comté

Article publié dans le numéro 245 de Novembre 2012
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Procédé proche de la photographie intéressant à la fois l’art et la science, l’holographie se décline aussi en version numérique, pour laquelle l’idée de produire l’image 3D par des procédés de fabrication relevant de la microélectronique et des technologies MEMS est un point fort de l’Institut FEMTO-ST. Elle vaut à Christophe Gorecki, directeur de recherche au CNRS, le prix de la Société européenne d’optique 2012.

En holographie la restitution d’un objet 3D se fait par l’enregistrement de la phase et de l’amplitude de l’onde diffractée par cet objet sur une plaque photographique de très haute résolution. Des franges d’interférences sont obtenues en combinant une onde de référence, émise par une source de lumière cohérente, et l’onde réfléchie par l’objet. Découverte en 1948 par Denis Gabor, l’holographie connaît une amélioration notable dans les années 1960 avec l’avènement du laser, capable de donner une profondeur de plusieurs dizaines de centimètres à l’image lors de sa restitution.

laser

Alors très prisée par le domaine artistique, l’holographie est aussi utilisée pour la science, comme en mécanique où elle permet par exemple de visualiser les contraintes exercées sur une pièce ou un écoulement.

L’holographie numérique voit le jour dans les années 1980, grâce au progrès des ordinateurs permettant le codage de l’objet en termes de phase et d’amplitude, et l’enregistrement de l’hologramme sur une caméra numérique. Si la résolution est ici un peu plus faible, elle convient parfaitement aux applications industrielles dédiées à la protection et à la sécurité de documents comme les cartes de crédit ou les billets de banque.

Une image 3D codée par moulage silicium

Utiliser des procédés de fabrication issus de la microélectronique est une technique novatrice permettant de produire des hologrammes à très bas coût. À l’Institut FEMTO-ST, Christophe Gorecki et son groupe ont fait la démonstration de la faisabilité et de l’intérêt du procédé, à l’issue d’une collaboration menée avec des chercheurs de l’université Miguel Hernandez d’Elche. C’est donc en Espagne qu’ont été développés les aspects logiciels, quand la technologie de fabrication restait l’apanage de la terre comtoise.

Ainsi, un usinage sur silicium à partir d’un masque réalisé en lithographie a donné naissance à un hologramme. Une réalisation collective sur des substrats 4’’, avec une résolution de pixels élémentaire de l’hologramme de l’ordre de 6 à 8 μm, mise en œuvre dans les salles blanches de la plateforme MIMENTO à Besançon, dans la plus pure tradition microélectronique.« Le transfert du motif binaire est obtenu par la gravure humide d’une couche d’oxyde thermique déposée sur un substrat de silicium. On obtient ainsi soit un hologramme « master » en réflexion, soit un hologramme par transmission en répliquant ce « master » sur un support transparent », explique Christophe Gorecki.

Si le domaine extrêmement contrôlé de la protection et de la sécurité laisse supposer qu’il lui serait difficile d’adopter une nouvelle technique de fabrication, le principe est convaincant. En témoigne le succès de l’article scientifique publié à la suite de ces travaux, qui vaut à ses auteurs le prix 2012 de la Société européenne d’optique.

Contact : Christophe Gorecki

Département MN2S

Institut FEMTO-ST

Université de Franche-Comté / ENSMM / UTBM / CNRS

Tél. (0033/0) 3 81 66 66 07

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8 janvier 2006 7 08 /01 /janvier /2006 18:47
 
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Actualités quotidiennes

Dimanche 8 janvier 2006 - 18h43




Médecine et santé

Cancer: le laser pourrait ‘’démocratiser’’ la protonthérapie
P our certains cancers spécifiques, comme ceux qui touchent l’œil ou le cerveau, la chirurgie ou la radiothérapie sont difficiles à appliquer. Les médecins ont alors recours à la protonthérapie qui permet une destruction beaucoup plus précise des tumeurs. Malheureusement cela nécessite une lourde installation et il n’existe que deux centres de protonthérapie en France. Grâce à une nouvelle technique basée sur le laser, des chercheurs du CNRS et du CEA espère pouvoir mettre au point d’ici quelques années une solution plus simple et moins coûteuse pour pratiquer cette thérapie.

Le principe de la protonthérapie est d’accélérer des protons jusqu’à un niveau d’énergie suffisant dans un cyclotron et d’amener le faisceau ainsi obtenu jusqu’au patient. Un bâtiment entier est nécessaire pour abriter l’accélérateur –le cylcotron. L’équipe de Julien Fuchs et Victor Malka explique dans la revue Nature Physics que cette installation pourrait être remplacée par un laser à impulsions ultra-courtes.

Ces chercheurs ont réussi à obtenir un faisceau de protons en envoyant un laser pulsé sur une cible métallique.
Il s’agit d’un laser de haute intensité qui envoie des paquets de lumière d’une certaine taille avec une fréquence donnée. Malka et ses collègues, qui travaillent sur cette technique depuis plusieurs années, ont cette fois obtenu un faisceau de protons de 60 MeV (méga électrons volts). Il s’agit du minimum requis en thérapie. 60MeV est l’énergie utilisée pour les traitements de l’œil. Pour les autres tissus il faut atteindre 250 à 300 MeV.

Les chercheurs doivent encore améliorer la technique en mettant au point un laser à impulsions ultra-courtes de forte puissance. A terme, ils estiment que cette installation tiendrait dans une seule salle et serait beaucoup moins coûteuse que les accélérateurs.

A l’heure actuelle la protonthérapie se pratique au centre d’Orsay et de Nice (ce dernier ne fonctionnant que pour les yeux). Orsay doit augmenter ses capacités pour accueillir 650 patients par an d’ici 2009. Un nouveau centre doit aussi être construit à Lyon d’ici 2010.

C.D.
(04/01/06)

 

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1 décembre 2005 4 01 /12 /décembre /2005 15:20



ÉTONNANTES IMAGES

Tourbillon magnetique


© M.Hytch/CNRS photothèque

 

Tourbillon magnétique

 

 

Un génie multicolore s'échappant de sa lampe ? Les irisations d'une bulle de savon emportée par le vent ? Une méduse abyssale phosphorescente ? Non, rien de tout cela. Pour être plus terre à terre, cette image a été obtenue par holographie grâce à un microscope électronique à transmission. Elle montre les lignes de champ magnétique créées par une petite particule d'à peine 70 nm de diamètre faite d'un alliage de fer et de nickel1. Les chercheurs appellent cette particule vortex, car la forme des lignes n'est pas sans rappeler celle d'un tourbillon. Les couleurs ne sont pas réelles, elles indiquent l'orientation du champ magnétique et permettent ainsi aux physiciens de mieux interpréter la photo. À cette échelle, presque tout le champ est comme prisonnier du vortex. Résultat : les zones magnétisées par chaque grain métallique sont indépendantes les unes des autres. Ce phénomène, actuellement étudié en laboratoire, pourrait être utilisé en informatique pour stocker plus d'informations sur des bandes magnétiques ou des disques durs. J. B.

 

 

(1. Collaboration entre le Centre d'études de chimie métallurgique, le laboratoire « Systèmes et applications des technologies de l'information et de l'énergie » et l'université de Cambridge).

 





© CNRS
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1 décembre 2005 4 01 /12 /décembre /2005 15:17




© J. Chatin / CNRS Photothèque
Pas à pas vers la recherche

Grâce à l'holographie, un chercheur enseigne à de jeunes étudiants son métier. Une étonnante initiative avec des publications à la clé !

"Au détour d'un couloir de l'École polytechnique de Palaiseau, Holger Vach pénètre dans une petite salle sans ouverture. De ses yeux pétillants et malicieux, il désigne un grand plateau d'acier qui trône au milieu de la pièce. Dessus, un assemblage savant de petits miroirs et de lasers. « Il s'agit, explique-t-il de sa voix posée, d'un dispositif pour réaliser des images holographiques ». Grâce à lui, il initie des étudiants de première ou de deuxième année de Polytechnique à la recherche et essaie de développer leur créativité. Certains d'entre eux obtiennent des résultats si remarquables qu'ils sont publiés dans des revues scientifiques réputées.
Surprenante activité pour ce chercheur du CNRS spécialiste de la dynamique moléculaire au Laboratoire de physique des interfaces et des couches minces (LPICM) de l'École polytechnique de Palaiseau.


Les modes vibratoires d'une anche de clarinette. Seules les anches de bonne ou très bonne qualités montrent le premier mode de torsion (voir b). Les modes (e) et (f) sont caractéristiques des anches exceptionnelles.
© H. Vach / CNRS
En fait, depuis 1981, cet homme modeste dispose d'une centaine d'heures d'enseignement par an au département de physique. Dans le cadre de travaux pratiques, il associe à son travail d'enseignement théorique, des projets de recherche relativement simples qui permettent à des étudiants de première et de seconde année de travailler en collaboration avec des chercheurs. À la base de cet enseignement original, le chercheur utilise l'interférométrie holographique, technique qui permet de mesurer de minuscules déplacements, des déformations, des vibrations d'objets1 ou des changements de chemin optique. « Je leur apprends cette technique grâce à des manipulations plutôt ludiques sur la mesure de la vitesse de croissance des champignons, sur les variations de température à l'intérieur d'une ampoule électrique ou encore sur la vitesse de séparation de produits dans un médicament dilué, comme la trinitrine utilisée pour le traitement du cœur. C'est une sensibilisation à la pratique de la recherche expérimentale », explique-t-il.
Certains de ses étudiants se sont attelés par exemple à prouver des théories de chercheurs. Des calculs sur les modes vibratoires de tambours irréguliers ou fractals réalisés par le Laboratoire de physique de la matière condensée ont ainsi été confirmés par l'expérimentation. Ce travail a été publié par la très réputée revue de physique Applied physics letters.
Un autre projet réalisé avec l'aide du Laboratoire d'acoustique musicale, sur les modes de vibrations d'une cloche, s'est traduit par deux publications dans American journal of physics.
Dès que les élèves maîtrisent les techniques holographiques, Holger Vach les encourage à travailler sur des projets de recherche plus personnels. Récemment, deux étudiants se sont demandés si on pouvait mesurer la qualité musicale des anches de clarinettes. Achetées par paquet de dix, elles n'offrent aucune garantie de leur bonne qualité au musicien. Ces deux élèves ont proposé à deux solistes professionnels de l'Opéra national de Paris de jouer avec vingt-quatre anches neuves et de les classer en quatre catégories différentes : très mauvais, mauvais, bon et très bon. De leur côté, les étudiants ont montré grâce à l'interférométrie holographique les différents modes de vibrations de ces anches et ont réussi à établir une relation objective entre les caractéristiques vibratoires d'une anche et sa qualité sonore. Ce travail a fait l'objet d'une publication dans le Journal of the acoustical society of America et a été récompensé en 1999 par un financement de l'Agence nationale de valorisation de la recherche (Anvar). L'enseignement d'Holger Vach révèle le plaisir et la passion du chercheur à de jeunes et brillants étudiants qui rechignent aujourd'hui à s'engager sur la voie de la recherche. Une initiative originale et couronnée de succès : la plupart aujourd'hui de ses anciens étudiants sont dans le métier !
Fabrice Impériali



1. L'holographie permet grâce au laser la restitution d'images en trois dimensions. L'intérêt de l'interférométrie holographique est de faire apparaître sur l'image un système de franges comparables à des lignes d'altitude sur une carte de randonnée. On peut ainsi mesurer des mouvements infimes de l'ordre de la longueur d'onde de la lumière.

CONTACT
Holger Vach
vach@leonardo.polytechnique.fr




© CNRS
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26 novembre 2005 6 26 /11 /novembre /2005 08:29
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  CNRS > Presse > Journal du CNRS > Bienvenue dans la maison du futur / N°190 Novembre-Décembre 2005 / Maison du futur > IN SITU

MEDAILLE D'OR

Alain Aspect. Un éclaireur dans la lumière

Mettre fin à un débat cinquantenaire entamé par Einstein, valider un phénomène clé de la théorie quantique… Le parcours d'Alain Aspect est balisé de nombreux exploits, aujourd'hui récompensés par la médaille d'or 2005 du CNRS. Retour sur l'itinéraire d'un des plus grands physiciens de notre temps.


© J. Chatin/Photothèque

À l'impossible je suis tenu », s'exclamait ­l'Orphée de Jean Cocteau. De ce cri du cœur, Alain Aspect aurait pu faire sa devise. Car à 58 ans, le médaillé d'or 2005 du CNRS a conquis de multiples Everests d'une discipline des plus obscures pour les profanes : la physique quantique. Dans son bureau de l'Institut d'optique d'Orsay, c'est pourtant avec simplicité qu'il nous ouvre les portes de son monde. « Les concepts de la physique quantique sont très choquants pour l'intuition, prévient le directeur de recherche au CNRS, membre de l'Académie des sciences et de celle des technologies. Mais rassurez-vous, on finit par s'y habituer ! » Retour sur un parcours lumineux.

 

 

 

« Je suis une illustration du stéréotype français, celui du petit provincial qui quitte son village de Gascogne pour monter à la capitale », s'amuse Alain Aspect. Fasciné dès l'âge de dix ans par ses premiers contacts avec la science et la technologie, le jeune admirateur de Jules Verne en redemande, plus que ne peut lui offrir sa région agricole. En attendant, il démonte son vélo pour en comprendre les rouages : « J'avais parfois du mal à reconstituer ce que je désos­sais », avoue-t-il en riant. En ce début d'automne, le chercheur affable nous conte ses débuts, paroles ponctuées de doux sourires nostalgiques.

 

 

 

 

 

 

Premiers exploits

 

 

 

En 1965, il entame des études brillantes à l'École normale supérieure (ENS) de Cachan et à l'univer­sité d'Orsay. Après l'agrégation et une thèse en holographie 1, le jeune coopérant part enseigner la physique au Cameroun. Il s'initie alors à la physique quantique moderne, grâce au livre ­Mécanique quantique, de Claude Cohen-Tannoudji, Bernard Diu et Franck Laloë. Une révélation. En 1982, huit ans après son retour, il procède à des expériences devenues célèbres, qui valident le phénomène d'« intrication quantique » pour des paires de photons jumeaux (voir encadré). Dans la lancée, il parvient avec Philippe Grangier, un de ses étudiants de l'époque, à produire des photons uniques à des instants déterminés, une première mondiale… Et à mettre en évidence le principe de « dualité onde-particule pour un photon unique », qui affirme qu'un photon passe en deux endroits à la fois, même si on ne peut l'observer qu'en une seule position. Combien se seraient contentés du confort de ces succès scientifiques, qui lui vaudront notamment le prix de la Commission internationale d'optique ? Alain Aspect procède, lui, à un changement de voie plutôt inattendu.

 

 

 

 

 

 

L'aventure des atomes froids

 

 

 

En 1985, Claude Cohen-Tannoudji l'entraîne dans le domaine prometteur du refroidissement d'atomes par laser. Au Laboratoire Kastler Brossel (LKB) de l'ENS, les deux chercheurs vont développer un procédé de refroidissement dit « sub-recul ». Explications : pour refroidir des atomes au maximum, il faut réduire leur vitesse d'agitation au plus près de ce qu'on croit alors être une limite ultime : la « vitesse de recul » d'un atome quand il émet un seul photon. Mais quand il rend sa copie, Alain Aspect a allégrement franchi ce seuil supposé, et a atteint le stade du microkelvin, un millionième de degré au-dessus du zéro absolu ! Dix ans plus tard, à Stockholm, son mentor, déjà médaillé d'or du CNRS, reçoit le prix Nobel de physique. Dans la salle, Alain Aspect et ses compagnons de l'aventure des atomes froids, Jean Dalibard et Christophe Salomon, chercheurs au CNRS, sont aux anges : « nous étions les trois mousquetaires de Claude », s'amuse-t-il en lissant sa moustache digne de ­d'Artagnan. Mais entre-temps, notre chercheur est parti sous d'autres cieux. Ceux d'Orsay, à l'Institut d'optique, où grâce au soutien du CNRS, il a monté en 1992 un groupe d'optique atomique avec les scientifiques Nathalie Westbrook, Robin Kaiser, et Chris Westbrook. Leur but ? Utiliser le refroidissement laser pour refaire avec les atomes ce que l'on sait déjà faire en optique avec les photons.

 

 

 

 

 

 

Nouveau virage

 

 

 

En 1995, survient une révolution « comparable à ­l'invention du laser pour l'optique classique » : la création aux États-Unis du premier condensat de Bose-Einstein gazeux, un ensemble d'atomes ultra-froids unis dans le même état quantique 2. Bientôt, son équipe se tourne vers cet eldorado et, renforcée par Philippe Bouyer, recruté sur un poste CNRS, fait naître en 1998 un condensat de rubidium. Et ce, grâce à un électro-aimant réalisé par le ­laboratoire Satie (ex-Lesir) 3 « qui permet de diviser par dix la puissance électrique nécessaire, et ouvre la voie aux condensats transportables ». Se profilent alors des ­recherches excitantes, notamment sur les lasers à atomes que le groupe d'Orsay décrit en généralisant les méthodes inventées pour les lasers classiques. Ou encore sur les condensats miniatures, intégrés sur des puces atomiques 4 développées avec le Laboratoire de physique et nano­structures de Marcoussis. En parallèle, nos chercheurs réalisent en 2001 une première mondiale en obtenant un condensat d'atomes ­d'hélium métastable 5. Ces atomes, Alain Aspect et ses collègues ont appris à les détecter séparément, « une avancée qui rappelle le comptage de photons dans les années cinquante, point de départ de l'optique quantique moderne ». Et qui aboutit à un exploit plus récent : l'observation de la tendance qu'ont certains atomes, pourtant indépendants, à se faire détecter ensemble, « un phénomène de groupement découvert avec les photons en 1956 ».

 

 

 

 

 

 

Une passion à partager

 

 

 

Infatigable, l'homme aux multiples vies scientifiques a conservé sa curiosité originelle. Une preuve ? De l'observation des étoiles à la lecture des articles d'Einstein, de Schrödinger ou de Galilée, la culture­ scientifique est souvent au cœur de son temps libre. Un plaisir partagé avec ses amis, ses collègues et, plus surprenant, le député de sa circonscription, mais aussi les industriels – « des contacts essentiels pour faire tomber les préjugés » – et surtout… ses élèves. « Quel bonheur de préparer un cours ! lance l'heureux professeur de l'École polytechnique. On est obligé d'aller au fond des choses car, sait-on jamais, un étudiant inspiré va peut-être vous poser la question gênante. » Mais le passionné sait aussi s'adresser à un public moins averti, comme ce soir d'hiver 2004, à Gap, quand trois cents personnes motivées par l'association Quasar vinrent l'écouter alors qu'il faisait – 20 °C. « C'est notre devoir de faire circuler la culture scientifique dans la société. Ne serait-ce que parce qu'elle nous finance… » La voix se fait plus ferme pour évoquer un certain climat de rejet de la science : « Grâce à elle, je vis dans des conditions incomparablement meilleures que mon aïeul, paysan pyrénéen », affirme l'homme, lui-même sept fois grand-père. À l'origine du laser, du transistor ou encore des circuits intégrés, la physique quantique a pris part à ce progrès : selon lui, « elle est même à la base des nouvelles technologies de l'infor­mation et de la communication ». L'allusion entraîne son regard vers l'écran. « Oh quel bon choix ! » La phrase soudaine vient saluer l'information attendue : l'annonce du prix Nobel de physique 2005. Père fondateur de l'optique quantique moderne, l'américain Roy Glauber en est le lauréat, avec Jan Hall et Ted Hänsch, deux « génies des lasers », selon notre médaillé visiblement ému. Où sera-t-il dans un an ? « Il est dérisoire de vouloir planifier une vie de chercheur, conclut-il. Il y a trop de hasards, d'opportunités qu'il faut savoir saisir. Et dans mon cas, j'ai eu beaucoup de chance. » Il en faudrait aussi pour deviner les futures missions impossibles que se fixera notre homme. Aussi insaisissable que les particules lumineuses qu'il affectionne tant.

 

 

 

 

 

 

Matthieu Ravaud

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

Dans les coulisses de la seconde révolution quantique…

 

 

 

 

 

 

Réalisées en 1982 par Alain Aspect, Philippe Grangier, Gérard Roger et Jean Dalibard, les expériences d'Orsay ont validé l'une des plus étonnantes propriétés de la matière, en débat depuis presque cinquante ans : l'intrication quantique. Il existe des paires de photons dits « intriqués », unis par un lien mystérieux. En effet, quelle que soit la distance qui les sépare, en mesurant la polarisation de l'un, on peut en déduire celle de l'autre. L'explication de ce phénomène pose problème. D'une part, ces particules ne peuvent communiquer entre elles, car cela supposerait que leurs messages aillent plus vite que la lumière. D'autre part, on ne peut envisager que leur comportement soit déterminé à l'avance : « Ces photons ne sont pas comme deux jumeaux : ils n'ont pas l'équivalent d'un patrimoine génétique identique qui expliquerait leurs points communs », note le médaillé. On comprend que le sujet ait fait débat pendant un demi-siècle, jusqu'aux fameuses expériences d'Orsay.

 

 

 

Flash-back : en 1935, Albert Einstein, Boris Podolsky et Nathan Rosen publient un article resté célèbre. Ils y exposent ce phénomène, et selon eux, l'absence d'explication est révélatrice d'une carence de la théorie quantique. Le physicien Niels Bohr pense au contraire que cette théorie est complète et qu'on ne trouvera jamais de variables supplémentaires permettant de prévoir, avant leur mesure, les valeurs des observables 1 quantiques des particules.

 

 

 

Ce n'est qu'en 1964 que John Bell formalise ce débat à l'aide d'un système d'inégalités : soit celles-ci se vérifient par l'expérience et c'est Einstein qui avait raison, soit elles sont violées, et comme l'affirmait Niels Bohr, la théorie quantique est complète. Ceci étant admis, reste à réaliser les expériences. Ce à quoi vont s'atteler des chercheurs américains dès le début des années soixante-dix. Mais ils restent loin du schéma idéal sur lequel raisonnent les théoriciens, l'« expérience de pensée » chère à Einstein.Alain Aspect entre en scène en 1974. En quelques semaines, il comprend comment réaliser ce schéma, et trouve en John Bell un appui de poids. Prélude accompli avec brio : la création d'une source de photons intriqués très intense, et de polariseurs 2 « dont l'orientation était modifiée toutes les 10 nanosecondes ». L'événement a lieu à Orsay en 1982 : « Je n'avais aucune idée de ce que nous allions trouver », avoue aujourd'hui Alain Aspect. Le résultat est sans appel : les inégalités de Bell sont violées, la théorie quantique confortée. « Une paire de photons intriqués doit être considérée comme un système quantique global, inséparable, en conclut notre physicien. Les propriétés de la paire ne se résument pas à la somme des propriétés des photons. » Vingt ans après, on mesure toute la portée de ces travaux : ils ont contribué à ouvrir les vannes de la seconde révolution quantique, avec ses méthodes de cryptographie et de traitement de l'information quantiques… Alors, le médaillé connaîtrait-il quelque regret d'avoir délaissé ses premières amours ? « Au départ, les expériences sur l'intrication visaient seulement à clore un débat conceptuel, répond-il. Aurais-je quitté si facilement l'optique quantique photonique si j'avais anticipé les développements actuels ? Mais l'aventure des atomes froids était si belle… » Malice d'un sourire qui plonge le visiteur dans le doute. « Il n'y a pas de lumière sans ombre », écrivait Aragon. Une maxime qui s'applique tant à la physique quantique qu'à l'un de ses plus grands artisans.

 

 

 

 

 

 

 

M. R.

 

 

 

 

 

 

 

1. Celles-ci décrivent les quantités physiques mesurables. Pour les définir, on doit préciser comment se fait l'observation.

 

 

 

2. Dispositifs optiques permettant de contrôler ou d'analyser la polarisation de la lumière qui les traverse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



1. Technique optique permettant d'obtenir sur un support photosensible un enregistrement de l'amplitude et de la phase d'une onde lumineuse. Elle utilise les propriétés de cohérence de la lumière issue des lasers.
2. Il détermine l'ensemble des valeurs de ses observables (quantités physiques mesurables).
3. CNRS / Cnam / ENS Cachan.
4. Composants réalisés en utilisant les technologies de la microélectronique.
5. Un élément métastable peut mettre plusieurs heures à se désexciter.


CONTACT
Alain Aspect
Laboratoire Charles Fabry de l'Institut d'optique d'Orsay
alain.aspect@iota.u-psud.fr

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L'ENQUÊTE
Bienvenue dans la maison du futur
VIE DES LABOS
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Published by Anne Marie CHRISTAKIS - dans La recherche en France
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22 novembre 2005 2 22 /11 /novembre /2005 15:39

Des mesures 3 D en mécanique des fluides sont requises pour recaler les modèles de turbulence,ou améliorer la compréhension d'écoulements complexes dans divers secteurs :

  • en géophysque (turbulence atmosphérique, transport de sédiments,
  • dans le secteur médical (étude d'écoulements dans des microcavités),
  • dans l'industrie automobile (étude de spray),
  • ou encore dans l'industrie chimique ( écoulements multiphasiques réactifs).

Dns ce contexte, l'holographie numérique de microparticules qui permet d'estimer la taille, la position et la vitesse de traceurs répartis dans un volume aooaraît comme une technique prometteuse.

SOURCE : PHOTONIQUES Novembre 2006

corinne.fournier@univ-st-etienne.fr - loic.denis@univ-st-etienne.fr

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20 novembre 2005 7 20 /11 /novembre /2005 18:46

L'INNOVATION PHOTONIQUE

Vous avez développé ou êtes en train de mettre au point un produit ou un service innovant en optique/photonique ?

Vous travaillez au sein d'une entreprise ou d'un laboratoire français ?

Vous souhaitez présenter votre produit ou votre service sur le salon Opto 2006, au sein de la vitrine de l'innovation ?

Vous serez peut-être l"un des lauréats des Photons 2006 !

Contact : Annie KELLER
a.keller@photoniques.com

 

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19 novembre 2005 6 19 /11 /novembre /2005 17:02

Organisé depuis 2000 par le club SFO/CEMOI (contrôles et mesures optiques pour l'industrie), il réunit chaque année près de deux cent personnes. Il se tiendra cette année à Marseille du 21 au 25 novembre 2005.

L'objectif de ce colloque est de favoriser l'échange des connaissances scientifiques et techniques entre la recherche et l'industrie afin de faciliter les applications industrielles dans tous les domaines où les contrôles et mesures optiques et photoniques ainsi que les techniques d'imagerie et de vision industrielle sont ou peuvent être concernés.

Contact : www.club-cmoi.fr.st - smigielski@wanadoo.fr

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16 novembre 2005 3 16 /11 /novembre /2005 00:00

Conférence à l'Institut d'Optique

Jeudi 17 Novembre, Jacqueline Bloch, du Laboratoire de Photonique et
Nanostructure
nous donnera un séminaire intitulé
    "Couplage fort lumière-matière dans les microcavités à base de
semiconducteurs"

Le séminaire à lieu de 13h15 à 14h en salle 204.

Le thé, le café et les gateaux sont offerts par l'Institut.


Pour tous renseignements :

Isabelle Bouchoule
Institut d'Optique
Centre universitaire d'Orsay, bat 503
91 403 Orsay
tel: 01 69 35 88 63

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